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Ce samedi 21 février, on fête la Saint Damien, mais aussi une journée bien plus universelle qu’il n’y paraît : la Journée internationale de la langue maternelle. Et derrière ce titre un peu académique se cache une cause profondément humaine, intime et essentielle : le droit de parler la langue qui nous a bercés, portés, transmis notre premier « je t’aime ».
Une journée née d’un combat pour exister en sa propre langue
Cette journée a été officiellement proclamée par l’UNESCO en 1999. Mais son origine remonte à un événement bien plus ancien et tragique : le 21 février 1952, à Dacca (aujourd’hui capitale du Bangladesh), cinq étudiants ont été tués alors qu’ils réclamaient un droit fondamental — celui de faire du Bangla la langue officielle du Pakistan oriental (dont le Bangladesh fera sécession en 1971).
Ce combat pour la reconnaissance de sa langue n’était pas une revendication identitaire superficielle. C’était un acte de résistance, un cri pour dire : « Nous existons, notre culture compte, notre voix mérite d’être entendue dans notre langue. »
La langue maternelle, c’est plus qu’un moyen de communication
C’est notre premier lien au monde. C’est dans cette langue que l’on a appris à nommer les choses, à rêver, à aimer, à pleurer. La langue maternelle, c’est une empreinte affective, une mémoire vivante, un fil invisible qui nous relie à nos racines, à notre lignée, à notre terre.
Et pourtant, dans de nombreux pays, ce droit fondamental est encore nié ou menacé. L’uniformisation linguistique, les politiques éducatives centralisées, la mondialisation… tout cela pousse les langues minoritaires vers l’oubli.
Pourquoi cette journée est essentielle aujourd’hui
Parce qu’une culture de paix commence là : dans le respect de chaque voix, chaque mot, chaque son qui nous rend singuliers. Permettre à chacun d’utiliser sa langue maternelle librement — à l’école, dans les services publics, sur scène, dans les médias —, c’est reconnaître la dignité de tous les peuples.
La diversité linguistique, ce n’est pas un luxe. C’est une richesse collective. Chaque langue porte une vision du monde, une manière unique de ressentir, d’exprimer, de penser. La défendre, c’est défendre notre humanité dans toute sa nuance.
Le théâtre comme refuge et révélateur de langues
L’Institut International du Théâtre (IIT) ne s’y trompe pas : il soutient activement cette Journée, car le théâtre est l’un des plus puissants vecteurs de la langue vivante. Sur scène, les mots prennent chair, vibrent, touchent, émeuvent. Chaque pièce jouée dans une langue maternelle est une manière de la garder debout, de lui donner de la lumière.
« Si les langues nationales disparaissent, ce sont les théâtres nationaux qui s’éteignent aussi. »
Le théâtre devient alors un espace de résistance poétique, un laboratoire de mémoire partagée, un endroit où la langue — même menacée — retrouve sa puissance et sa beauté.
Un appel vibrant à toutes les cultures
Cette journée est une invitation à toutes les communautés : artistes, enseignants, écrivains, familles, étudiants… à célébrer leur langue, quelle qu’elle soit.
- Parle-la.
- Chante-la.
- Écris-la.
- Joue-la.
- Transmets-la.
Chaque mot prononcé dans sa langue maternelle est une graine semée pour demain. Et dans un monde où tout va vite, parler la langue de ses ancêtres, c’est parfois un acte de résistance doux mais puissant.
En conclusion (ouverte)
En ce 21 février 2026, prenons le temps d’écouter les langues qui nous entourent, même celles qu’on ne comprend pas. Laissons-les vibrer. Apprenons un mot nouveau. Redécouvrons le nôtre.
Parce qu’aucune langue n’est petite. Aucune langue n’est inutile. Et que chaque langue maternelle est un monde qu’il serait tragique de laisser mourir.
