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Chaque année, le 28 octobre revient comme un rendez-vous à part : celui où l’on met à l’honneur la langue créole et tout ce qu’elle porte avec elle — une manière de parler au monde, de raconter, de chanter, de transmettre, de résister aussi.
En 2026, la Journée internationale de la langue et de la culture créoles sera donc célébrée le mercredi 28 octobre 2026.
Depuis 1983, cette date est l’occasion de célébrer, à travers les pays et communautés ayant le Créole en partage, une culture vivante, plurielle, profondément ancrée… et pourtant toujours en mouvement. On parle de millions de locuteurs à travers le monde, réunis par une même évidence : le créole n’est pas “un parler”, c’est une langue, une mémoire, une identité.
Une célébration qui dépasse les frontières
Ce qui rend cette journée aussi belle, c’est qu’elle ne se limite pas à un territoire. Elle circule. Elle s’invente partout où le créole est parlé, écrit, chanté, enseigné, défendu.
Dans les pays utilisant une langue créole, on pense bien sûr à Haïti, et on ne résiste pas au plaisir de glisser une porte d’entrée vers un univers poétique : le portail haïtien Tanbou, qui met notamment à l’honneur des textes et poésies en créole (à découvrir plus bas, si tu veux prolonger la lecture).
Il existe aussi des pays pour lesquels la langue créole est, au même titre que le français ou l’anglais, reconnue comme langue officielle — preuve supplémentaire que le créole n’est pas une langue “à côté”, mais une langue pleinement assumée.
Comment célébrer la journée 2026 (simplement, mais vraiment)
Pas besoin d’un grand dispositif pour marquer le coup. L’essentiel, c’est de faire vivre la langue et la culture, même par de petites choses.
Quelques idées faciles à mettre en place le 28 octobre 2026 :
- Lire un texte en créole (à voix haute, si possible : la musicalité compte autant que le sens)
- Partager une chanson, un conte, une expression, une phrase transmise par un proche
- Mettre en avant une initiative locale : bibliothèque, association, événement culturel, atelier
- Écrire quelques lignes en créole (même si c’est court, même si c’est imparfait)
- Faire découvrir une recette, une histoire, un souvenir lié à une culture créolophone
L’idée n’est pas de “bien faire”, mais de faire exister.
Pwezi an Kreyòl
Petite parenthèse qui dit beaucoup : la poésie a ce pouvoir de condenser une culture entière en quelques vers. Voici un poème d’Edner Saint-Amour, intitulé Deus ex machina.
Powèm pa Edner Saint-Amour
Deus ex machina
Pawòl monte fè pil sou pil
Aksyon menm zerobare nil.
Yo chita tann avèk espwa
Yo kwè nan: Deus ex machina.
Pawòl monte ap fè bann
Aksyon pran rout desann.
Yo chita tann avèk espwa
Yo kwè nan: Deus ex machina.
Pawòl monte bit sou bit
Aksyon pran rout chire pit.
Yo chita ap tann avèk espwa
Yo kwè nan: Deus ex machina.
Pou viv moun dwe aji
Nan dlo moun naje pou soti.
Aide-toi le ciel t’aidera
Lavi chita nan men debouya.
Aksyon se motè yon peyi
Lalwa se volan yon peyi
Pou viv moun dwe aji
Nan dlo moun naje pou soti.
(20 fevriye 2004)
Un mot sur l’esprit de cette journée
Le 28 octobre, ce n’est pas seulement une “journée culturelle” de plus dans un calendrier. C’est un rappel doux mais ferme : une langue vit tant qu’on la parle, tant qu’on l’écrit, tant qu’on la transmet. Et en 2026, comme chaque année depuis 1983, cette journée est là pour ça : remettre le créole au centre, avec fierté, avec tendresse, et avec une vraie place.
